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Couverture du livre numérique "La Route du plus fort"

La Route du plus fort
Roman
George Groslier

Collection Romans
Format Kindle
Taille du fichier 319 Ko

Pagination 161 pages

Langue Français

Date de publication 4 mars 2022

Edition d'origine La Route du plus fort - Paris : Emile-Paul Frères, Collection "Edmond Jaloux", 1925

Portrait George Groslier (Photographie)

Avec ce roman publié en 1925, George Groslier réhabilite un pan de l’action française en Indochine déployée par certain nombres « d’hommes de bonne volonté » fondamentalement et sincèrement séduits par les us et coutumes de la société cambodgienne et désireux de lui apporter de meilleures conditions de vie par la création d’infrastructures : axes de communication, hôpitaux, écoles, etc ; mais on ne pourra nier la force visionnaire de ce roman où les « rencontres » restent sans lendemain et où, selon les mots de Solange Thierry, « la route bute sur la forêt ».

Extrait
 

« Des étalages hétéroclites dévalaient sur les trottoirs, balles de coton ou sacs de riz, piles de poissons secs, monceaux de peaux et, dans les boutiques, tablées de Célestes aux torses nus, mangeant une soupe commune entre deux déchargements de chaloupes ou de camions. On entendait, dans le matin léger, le bruit sec des abaques, le cliquetis des porcelaines au déballage et puis, deux cents mètres plus loin, tout s’effaça instantanément.

La rue agitée et bruyante devint une route déserte entre des bananiers et des files d’aréquiers. À droite et à gauche, ce n’était que charmilles et petits bocages où madame Gassin retrouvait les tableaux de la veille. De ce qui vivait là, rien ne pouvait se comparer à ce qui vivait ici. Ils traversèrent une place, terrains à bâtir. Les hautes herbes en faisaient une savane où du sable arrondissait des dunes blanches. Une rue y débouchait sous un flamboyant énorme, régulier comme une gerbe arrangée dans un vase et bombant sur un tronc multiple le dôme de ses fleurs. La terre était rouge des pétales tombés. À son ombre, un Cambodgien dormait dans sa charrette dont le timon se redressait en col de cygne. À l’est, un cinéma était en construction. Plus loin, des voix d’enfants ânonnant l’alphabet sur un air de cantique, franchissaient un mur d’école. De rares passants : un trio de bonzes aux crânes bleus ; un Chinois, marchand de soupe, rapide et glissant sous la palanche à laquelle se balançait sa cuisine portative. Sur un des tas de sable, des dindons somnolaient, le poitrail ouvert et portant leurs entrailles à leur bec. »

Edition originale

Couverture du livre "La Route du plus fort"

La Route du plus fort

Paris : Emile-Paul frères, 1925

Collection "Edmond Jaloux"
236 p. 

Rééditions

Couverture du livre "La Route du plus fort"

La Route du plus fort

Postface de Solange Thierry

Paris - Pondichéry : Editions Kaïlash, 1994

Collection "Les exotiques"

218 p. ISBN 2-909052-52-4

Ce qu'en dit la Critique de l'époque...

Revue des lectures

15 janvier 1926
 

La Route du plus fort, titre que M. George Groslier a choisi pour son dernier roman, est sans doute une expression figurée. Pas tout à fait cependant. La route terrestre, celle où circulent les hommes, les animaux, les voitures, tient sa place et sa large place en cette histoire. Il ne s'agit pas de nos routes de France, aussi anciennes que la nation, mais de celles que l'effort humain ouvre maintenant à grand'peine, en de lointaines contrées, à travers les terres vierges et les forêts impénétrables du Cambodge. Ce livre est l'hymne à la route.
C'est aussi un hymne à la nature. L'auteur, professeur en Indo-Chine, connaît à merveille le pays qu'il décrit. Il en évoque, en artiste, toute sa splendeur. Il donne le goût des randonnées et des explorations lointaines.
Malheureusement, en son livre, les personnages attirent moins que le cadre. Sans doute, le traceur de voies nouvelles, l'inspirateur de la tâche obstinée des défricheurs, Ternier, le Résident de Sangké, est une nature ardente et énergique. En taillant la route dans la brousse, il suit aussi la sienne, « la route du plus fort. »
Mais ce fort a de singulières faiblesses, trop courantes, hélas ! aux colonies, présentées, excusées comme toutes naturelles, et sur lesquelles il est préférable de ne point insister.
Quant à l'héroïne, quant à l'intrigue qui gravite autour d'elle, intrigue obscure, qu'il s'agit de deviner peu à peu, l'une, et l'autre sont invraisemblables. C'est l'éternelle histoire de l'infidélité conjugale, sans l'ombre d'un prétexte, d'une explication ou d'une excuse, la poursuite de la chimère, en marge du devoir et du droit chemin. On nous.dit, il est vrai, qu' « en ce triste roman, la fatalité demeure seule coupable. » Cette fatalité a vraiment bon dos. 
L'auteur n'insiste pas outre mesure sur les détails réalistes. Il ne les évite pas non plus. Son livre ne s'adresse donc qu'à ceux qui ont la pleine expérience de la vie. S'il leur fait goûter le charme des choses, il ne leur fera pas aimer les hommes.

Lire cette critique dans Gallica

Auteur

Né le 4 février 1887 au Cambodge, George Groslier fut le fils d’un administrateur français des Services civils de l’Indochine, premier français né au Cambodge. Il fit ses études en France et suivit les cours de peinture de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. A l’issue de ces études, déçu de n’avoir pas obtenu le premier grand Prix de Rome (il n’obtint que le second), il effectua un premier retour au Cambodge où il découvrit les temples d’Angkor. L’éblouissement que lui procura cette découverte des joyaux de la culture et de l’art khmers détermina alors le cours de son existence. Il rentra en France où il multiplia les publications et les conférences destinées à faire connaître la culture khmère. Ces activités lui valurent de se voir confier en 1913 et 1914 une mission au Cambodge par le Ministère de l’Instruction publique et la Société asiatique. En 1917, il fut mobilisé et appelé par le Gouverneur général Albert Sarraut qui lui confia la mission de revitaliser les traditions artistiques des peuples indochinois. Sur les fondations de l’École des Arts décoratifs ouverte en 1912 au sein de la Manufacture royale du Palais elle-même créée par le Roi Sisowath en 1907, il organisa l’École des Arts cambodgiens, véritable lieu de transmission du savoir-faire des anciens « maîtres » vers les apprentis artisans du pays. La réussite de cette école qui développa sa propre coopérative de production d’artisanat khmer contribua à la notoriété de George Groslier reconnu comme le rénovateur des arts cambodgiens. A ce titre, il fut fait appel à lui pour la réalisation des pavillons du Cambodge lors de l’Exposition des arts décoratifs de 1925 et de l’Exposition coloniale de 1931 à Paris. Il participa encore à la création et à l’organisation des écoles d’art de Bien-Hoa et de Hanoï ainsi que de l’Ecole supérieure des Beaux-Arts de Hanoï. Devenu Directeur des Arts cambodgiens, puis Inspecteur général des Arts en Indochine, il fut le créateur, l’organisateur et le premier conservateur du Musée Albert Sarraut de Phnom Penh (Aujourd’hui Musée national du Cambodge), modèle d’architecture khmère traditionnelle, dont il fit le sanctuaire de l’art cambodgien. Retraité à compter de 1942, il se maintint au Cambodge et s’engagea dans la Résistance contre l’occupant japonais en tant qu’opérateur radio. Il fut capturé, emprisonné et mourut sous la torture, à 58 ans, le 18 juin 1945. Il laisse une œuvre écrite dense et variée composée de nombreux ouvrages sur l’archéologie et l’art du pays khmer. A partir de 1926, il ajouta à cette œuvre une production littéraire centrée sur la thématique de la rencontre de l’homme occidental avec les peuples, civilisations et cultures de l’Asie du Sud-Est.

Autres œuvres de l'auteur

Couverture du livre "Danseuses cambodgiennes anciennes et modernes"
Couverture du livre "Recherches sur les Cambodgiens"
Couverture du livre "Angkor"
Couverture du livre "La Sculpture khmère ancienne"
Couverture du livre "Le Retour à l'argile"
Couverture du livre "Eaux et lumières"
Couverture du livre "Le Retour à l'argile"
Couverture du livre "Eaux et lumières"

[Texte imprimé]

Danseuses cambodgiennes anciennes et modernes

Préface de Charles Gravelle

Paris : A. Challamel, 1913

180 p.

 

[Texte imprimé]

À l’ombre d’Angkor. Notes et impressions sur les temples inconnus de l’ancien Cambodge

Paris : A. Challamel, 1916

191 p.

 

[Texte imprimé]

Recherches sur les Cambodgiens, d’après les textes et les monuments depuis les premiers siècles de notre ère

Paris : A. Challamel, 1921

X-432 p.

 

[Texte imprimé]

Angkor

Paris : Renouard, H. Laurens, 1924

Collection "Les Villes d’art célèbres"

 

[Texte imprimé]

La Sculpture khmère ancienne

Paris : G. Crès et Cie, 1925

Collection "française des arts orientaux"

92 p.

 

[Texte imprimé]

Le Retour à l’argile

Paris : Emile-Paul frères, 1929

Collection "Edmond Jaloux"

270 p.

 

[Texte imprimé]

Les Collections khmers du musée Albert-Sarraut

Préface de Georges Coedès

Paris : G. Van Oest, 1931

Collection "Ars asiatica", n° 16

129 p.

 

[Texte imprimé]

Eaux et Lumières. Journal de route sur le Mékong cambodgien

Paris : Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales, 1931

105 p.

 

[Texte imprimé]

Monsieur de la Garde, Roi, Roman inspiré des chroniques Royales du Cambodge

Paris : L’Illustration, 1934

56 p.

 

[Texte imprimé]

Les Donneurs de sang

Saïgon : A. Portail, 1942

259 p.

 

[Texte imprimé]

Angkor

Paris : H. Laurens, 1931

Collection "Les Villes d’art célèbres"

156 p.

 

[Texte imprimé]

Le Retour à l’argile

Postface de Pierre L. Lamant

Paris - Pondichéry : Editions Kaïlash, 1994

Collection "Les exotiques"

220 p. ISBN 2-909052-49-4

 

[Texte imprimé]

Eaux et lumières. Journal du Mékong cambodgien

Paris : Editions La Bibliothèque, 2008

Collection "L’écrivain voyageur"

200 p. ISBN 978-2-909688-47-3

Liens externes

[Site web]

Wikipedia

Notice George Groslier

 

[Site web]

Bibliothèque nationale de France

George Groslier (1887-1945)

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